• Naturanimal31

Tic & toc




Je vous partage cet article très bien fait ! Je n'aurais pas fait mieux pour expliquer ces troubles du comportement : les toc/stereotypies


Bonne lecture à tous !



Source : https://www.dogspirit.fr/index.php/sante/stereotypies/


STÉRÉOTYPIES

Pendant mes congés une dame m’a déclaré qu’elle avait réglé le problème d’automutilation des pattes avant de son chien en lui posant une collerette de manière permanente. Je lui ai donc fait remarqué qu’elle n’avait pas du tout réglé le problème de son chien et qu’il devait beaucoup en souffrir. Elle m’a répondu que le principal est qu’il soit de nouveau accepté en concours par les juges puisque les plaies ont totalement disparu. Cela se passe de commentaire. Je vous propose de lire l’article ci-dessous pour comprendre la maltraitance indirecte infligée à ce chien. Bonne semaine à tous et au plaisir de vous revoir avec vos chiens. MON CHIEN A T-IL DES TROUBLES DES COMPORTEMENTS DE BIEN-ETRE OU DES TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS ? I DEFINITION DU TROUBLE DES COMPORTEMENTS DE BIEN-ETRE Comme leur nom l’indique, les comportements de bien-être ont pour but d’accroître l’aisance ou le confort du chien. On y trouve entre autres le bâillement, l’étirement ou la toilette corporelle. Ces comportements dégénèrent assez facilement en troubles pour lesquels je suis souvent consultée. Parmi les troubles des comportements de bien-être, on distingue les toilettages corporels à outrance et les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). A) Les toilettage corporels à outrance Une grande partie des études de comportements révèlent des léch*ges de pattes, du flanc, du ventre, des rongement des griffes ou des grattages qui n’en finissent plus. Ce comportement anormal, en ce sens qu’il ne fait pas partie de l’éthogramme du chien, inquiète ou agace souvent les propriétaires. Le chien s’agite, se l*che bruyamment, rien ne semble pouvoir le stopper dans cette transe. En effet, le chien se complaît dans cet état et il est inutile de s’énerver, de crier ou de punir, car le chien s’aggravera. Il faut savoir que ce comportement s’impose à lui, bloqué dans sa pyramide des motivations (tirée de celle d’Abraham Maslow), au niveau « exigence » (cf. « Mon chien est heureux » du Dr. Joël Dehasse). C’est le léch*ge du flanc du doberman ou des pattes du labrador, parfois jusqu’à dermabrasion ou encore le rongement des griffes antérieures ou postérieures du Jack Russel, parfois jusqu’à l’automutilation. Certaines races sont génétiquement prédisposées, d’autres pas, elles ne sont pas épargnées pour autant. B) Les TOC Il s’agit des Troubles Obsessionnels Compulsifs. Souvent les propriétaires s’étonnent que leur chien puisse être sujet aux TOC. Pour eux, c’est un trouble humain. Ils sous-estiment la souffrance qui est révélée par ce comportement. Je rappelle que comme tous les animaux non humains, le chien est un être vivant capable de souffrir physiquement comme mentalement (un être sentient). Les TOC peuvent être de différents types : – troubles de l’activité locomotrice (les plus fréquents). Le chien tourne sur lui-même en essayant d’attraper sa queue et/ou déambule dans la maison et/ou exécute des va-et-vient incessants le long d’un mur ou d’une baie vitrée (comme un lion en cage)… – trouble de la s*xualité (mast*rbation compulsive ou expression ostensible de la s*xualité). – trouble de la sécurisation (tremblements inexpliqués). – trouble de la vocalisation (litanies d’aboiements ou chien qui « fait le loup »). – trouble de la prédation (chasse des ombres, des mouches invisibles, des reflets…). – trouble de l’activité de socialisation (chien qui suit son humain partout). …etc. Mais attention, un chien qui court après sa queue ou qui se l*che les pattes n’est pas forcément atteint de TOC. Il faut savoir les repérer. Voici comment. C) Pour les repérer…. Les TOC et les troubles du comportement de bien-être se prolongent dans le temps (la durée), se répètent plusieurs fois dans la journée (la stéréotypie) et surviennent souvent lorsque les humains d’attachement sont présents. Le chien va, de manière volontaire, adopter ce comportement, à la vue de ses propriétaires. Lorsqu’il s’agit d’un trouble de la s*xualité, la gêne chez les humains est immense. Ils prêtent à leur chien des intentions douteuses qu’il est incapable d’avoir. C’était le problème de ce staffie qui se mast*rbait jusqu’à l’éj*culation à chaque fois que ses humains recevaient des invités. Lorsque le diagnostic du trouble obsessionnel compulsif tombe, la colère et l’irritation du foyer tombent avec lui. La thérapie commence avec la prise de conscience. II POURQUOI MON CHIEN EN SOUFFRE T-IL ? A) Le pourquoi des troubles du comportement de bien-être Ces comportements trouvent leur source, soit dans la recherche désespérée d’attention, soit dans le manque cruel d’activité. Pourquoi ce staffie se mast*rbait-il devant les invités de ses humains ? Tout simplement parce que ce comportement, expérimenté une fois, n’a pas manqué de provoquer une réaction très forte chez eux. Certains chiens se trouvent dans une solitude telle, que pour eux, mieux vaut une réaction négative que de faire partie des meubles. Beaucoup de chiens ont la même réflexion. Ils sont plus nombreux qu’auparavant et les consultations pour stéréotypies de léch*ge sont de plus en plus nombreuses. Même si, je le concède, les familles se montrent de plus en plus enclines à aider leur compagnon sur un plan thérapeutique. Mais pourquoi en arrivent-elles à ce stade ? Notre société est très sensible aux phénomènes de mode. Le chien est devenu un bien de consommation, un faire-valoir de son niveau social et de l’image que l’on souhaite donner aux autres. Pourquoi un couple de cadres supérieurs, au niveau de vie très élevé, jamais présent à la maison, achète t-il un chien de bouvier bernois (molossoïde de montagne) ? Le chien reste seul à longueur de journée, sans rien d’autre à faire que d’attendre ses humains. Ceux-ci rentrent tard, fatigués. Ils n’ont plus le courage, ni l’envie de jouer avec leur chien. Alors il attendra le week-end. Sauf que leur vie sociale est riche et même le week-end ils sont souvent absents. Le chien n’est pas respecté. Il est indirectement victime de maltraitance. On ne le regarde plus. Il n’existe plus. Il va alors tenter de s’apaiser lui-même de la pire des façons : l’automutilation par rognement des griffes antérieures. En rentrant le soir, le spectacle du sang dans la maison n’est pas réjouissant. Parfois, on constate chez certains chiens une dermabrasion grave par plaies de léch*ge. Le processus de souffrance est le même. Bien souvent, l’inattention va de paire avec l’inactivité. Dans l’éthogramme du chien, il n’est inscrit nulle part qu’il aime rester seul et enfermé. Le chien est un animal actif et social. Lui réserver cette vie là c’est le trahir. Le chien qui souffre d’inactivité développera des troubles. La plupart du temps, il s’agira de TOC. B) Le pourquoi des TOC Les bergers (quelqu’ils soient) sont des athlètes. Ce sont des chiens exceptionnels de résistance et d’endurance. Ces chiens-là aiment le grand air, les grands espaces, ils adorent courir, grimper, dévaler des pentes. Ils aspirent à une vie rustique de travail et au dépassement de soi. Le Berger Allemand est le chien le plus prédisposé au TOC du tournis avec prédation de la queue. Ce trouble locomoteur est provoqué par l’ennui, le manque de satisfaction des besoins éthologiques. Le Berger Allemand possède le patron-moteur génétique de la poursuite, comme le Border Collie ou le Berger Australien. Ce patron-moteur génétique est irrépressible, il s’impose à eux. Voilà pourquoi la plupart de ces chiens ont une fâcheuse tendance à poursuivre obstinément les joggers, les vélos, les poussettes, les enfants qui courent si aucune alternative ne leur est offerte. L’homme les a génétiquement sélectionnés pour poursuivre et resserrer les troupeaux de moutons et les bovins. Dès lors, si vous achetez un Berger Allemand et que ce chien n’a rien à faire de ses journées, il aura tout le temps de développer des troubles locomoteurs. Et le TOC du tournis s’installe. S’il n’est pas soigné à temps, il dégénère en poursuite de la queue jusqu’à parfois, fixation du regard, capture et morsure pour tuer… sa propre queue. Mais aujourd’hui, parce que c’est la mode, parce qu’on entend dire que ces chiens sont très intelligents (sans savoir que plus le chien l’est, plus il est difficile et exigent), tout le monde veut un Berger Australien ou un Border Collie… Les éleveurs sont dépassés par la demande du Berger Australien bleu-merle, à l’exclusion des autres chiots de la portée. On veut le chien pour ce qu’il représente, au mépris de ce qu’il est réellement. Les TOC peuvent également être déclenchés par la peur et l’anticipation de certaines situations anxiogènes. Une partie des chiens subissant ces TOC ont fait l’objet de méthodes d’éducation inacceptables : Rapport de force mentale ou physique entre l’homme et le chien, soumission sur le dos et donc humiliation, utilisation à outrance de stimuli aversifs (collier étrangleur ou à pointes, prise au collet, pendaison par la laisse, coups dans les reins, pincement de l’aine, chocs électriques…). Le chien n’apprend rien sinon l’évitement. Il se retrouve psychologiquement très affaibli. Je récupère régulièrement des chiens, dont les humains d’attachement, novices et confiants, ont fréquenté ce genre de centres d’ « éducation » pendant des mois pour finalement tout arrêter… trop tard. Leur chien est devenu ingérable, stressé, trop réactif, dévoré par les TOC et les comportements stéréotypés. Et je pense à Timmy, Falco, Princesse, Zeus, Lola, Darwin… La liste est longue et elle le restera tant que vous, propriétaires (qui n’êtes pas directement responsables) n’exigerez pas de connaître précisément les méthodes utilisées par l’éducateur que vous rencontrez. Faites demi-tour au moindre doute. Attention car certains éducateurs peu scrupuleux vous diront qu’ils utilisent des méthodes douces pour finalement user de la force à la première difficulté. Ils commenceront par vous demander de poser un collier étrangleur sur votre chien (en vous disant que c’est inoffensif et en appelant cela un « collier sanitaire ») puis finiront par vous demander de vous imposer physiquement en tant que « maître », vous culpabilisant dans votre incapacité à éduquer. Je connais cette histoire pour l’entendre quotidiennement. Il n’y a rien à faire d’autre que de refuser catégoriquement et d’aller voir ailleurs. Protégez votre chien comme vous protégeriez votre enfant de toute personne qui voudrait lui faire du mal. Le chien est, comme l’enfant, capable de tout subir par attachement. C’est à nous d’être vigilants et de poser des limites aux professionnels incompétents. III COMMENT LES FAIRE DISPARAITRE ? – Il est d’abord inutile de crier ou de punir. Les troubles du comportement de bien-être s’imposant au chien, vous ne ferez qu’aggraver son anxiété en vous énervant. Et si le trouble est la résultante d’un manque d’attention, vous ne ferez que le renforcer en sanctionnant (je vous rappelle que votre chien préfère votre colère contre lui à votre manque d’intérêt pour lui). Le problème est psycho-comportemental, pas éducatif. Il faut donc mettre en place une thérapie adaptée au chien et à sa famille. Une étude de comportement approfondie réalisée par un comportementaliste-thérapeute performant (qui travaille sur les bases de la psychologie canine et de l’éthologie) est indispensable. Ce préalable à toute démarche thérapeutique va permettre au professionnel en face de vous de comprendre énormément de choses. Chaque comportementaliste a son propre outil de travail, construit sur ses méthodes et ses convictions profondes, fruit de son expérience et de sa connaissance du chien, renforcée par son empathie pour lui. Vous pourrez en rencontrer plusieurs avant de trouver celui qui vous convient, comme pour un psychologue. – Il est également inefficace d’envisager l’amputation de la queue parfois conseillée par les vétérinaires. Le chien continuera son tournis malgré l’absence de queue ou réorientera son TOC autrement. Amputer la queue c’est agir sur les effets, pas sur les causes. Va t-on aussi couper les pattes du chien qui se les l*che? – Pour ma part, la thérapie au clicker a fait ses preuves depuis longtemps, parallèlement au rétablissement de la formule d’activité du chien (et par activité, il est évident que je n’entends pas seulement la promenade). Il faudra enrichir le milieu de vie et ré-orienter au clicker vers une activité motivante, respectueuse de l’éthologie canine. Une formation au clicker-training de l’humain d’attachement est prescrite avec un programme de rééducation homme-chien, à la maison comme à l’extérieur. On apprendra à l’humain à observer son chien, à communiquer avec lui via les signaux d’apaisement et on lui enseignera la philosophie du coaching sans dominance. A cela s’ajoute la prescription d’exercices cognitifs adaptés au problème. Enfin la médicamentation par Fleurs de Bach reste pour moi un soutien inconditionnel à toute thérapie comportementale. AUDREY VENTURA Comportementaliste-thérapeute Educatrice canin CYNOCONSULT 0681065599

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